Les bottines et les babines

La dernière année et demie a fait mal… Les arts et la culture, comme plusieurs autres secteurs, sont passés sous le couperet du gouvernement provincial. Au nom de l’équilibre budgétaire, des mesures, des organismes, des emplois, même des projets de société, sont disparus. Quelques mois ont suffit pour que soient démantelés des acquis importants, dont plusieurs étaient le fruit de nombreuses années de travail acharné et concerté. Un goût amer reste sur les lèvres de plusieurs d’entre nous et nous serrons les dents puisque nous savons que le raz-de-marée ne fait peut-être que commencer.

C’est dans ce contexte d’austérité que nous avons été rappelés aux urnes le 19 octobre, pour élire notre représentant fédéral cette fois-ci. Pour choisir celui ou celle qui allait soit poursuivre soit rompre le règne conservateur, qui on se rappelle bien ne mettait pas non plus les arts et la culture au centre de ses priorités… Les Canadiens ont élu un gouvernement Libéral majoritaire, représenté par Justin Trudeau, montrant ainsi la porte à Stephen Harper. Vote stratégique? Vote de contestation? Plusieurs théories sont évoquées. Quoi qu’il en soit, ce choix reflète un réel désir de changement.

Même si le nouveau gouvernement ne mentionne pas les arts et la culture dans les priorités officielles de sa plate-forme, pendant la campagne électorale, Justin Trudeau a pris des engagements importants en la matière; Il a promis annuellement 150 millions supplémentaires pour Radio-Canada, 180 millions supplémentaires pour le Conseil des arts du Canada (ce qui en doublerait le budget), 25 millions supplémentaire pour Téléfilm Canada et de l’Office national du film et le rétablissement des programmes de promotion de la culture canadienne à l’étranger Promart et Routes commerciales avec un budget de 25 millions de dollars par année. Notons que ces deux derniers programmes avaient été abolis en 2008 et constituaient un enjeu culturel important dans la campagne électorale de cette année-là. Le chef Libéral a aussi promis l’inclusion d’un volet culturel dans les investissements dans la Stratégie emploi jeunesse, par la formation d’employés de musées, et dans les infrastructures.

Simples promesses électorales ou engagements réels? Il est trop tôt pour savoir si les bottines suivront les babines de celui qui accuse le premier ministre sortant d’être un « adversaire de la culture », mais chose certaine,  nous serons aux premières loges pour le constater!

Sandie Letendre
Directrice générale et artistique
Corporation de développement des arts et de la culture de Ville de La Tuque
Administratrice, représentante à la commission Développement | Organismes oeuvrant en milieu municipal urbain
Culture Mauricie