Nadine Poirier : personnalité du mois de « Lis avec moi »

La mission de Lis avec moi est de promouvoir le plaisir de lire et la littérature auprès des jeunes en favorisant l’accompagnement comme moyen privilégié d’apprentissage et de partage. Lis avec moi a à cœur de faire connaitre la littérature québécoise et canadienne de langue française.

NADINE POIRIER, personnalité du mois

L’écriture est une vocation inattendue pour Nadine Poirier qui a passé 15 ans de sa vie en tant que technicienne en loisirs. C’est à la suite d’une réorientation qu’elle embrasse la carrière d’auteur et l’accueille comme une évidence. Beaucoup de ses inspirations sont des idées frénétiques qui s’imposent dans son esprit et dévoilent sa création littéraire. Comme elle le dit elle-même :

Le sujet s’est imposé à moi. Je n’ai pas eu envie de l’écrire.

Découvrez cette interview pleine de charme et de poésie, à consommer sans modération…

BIOGRAPHIE

Nadine a grandi au bord de la mer dans le village de Bonaventure en Gaspésie. Alors qu’elle attendait la marée montante pour enfin plonger du quai, la plage devenait un grand théâtre. Mille aventures de crabes qui pincent et de soleils de mer qui brûlent la ramenaient très tard à la maison, les orteils sablonneux et le cœur satisfait.

C’est la tête pleine de beaux souvenirs que Nadine a quitté Bonaventure pour vivre à Trois-Rivières.  Durant 15 ans, elle a organisé des activités dans une école secondaire. Pendant ce temps, la gentille cigogne lui amenait quatre garçons. Les histoires abandonnées à la plage ont vite chevauché le premier vent d’Est pour la retrouver. Aujourd’hui, Nadine cuisine avec les mots. Dans sa tête, mijotent des péripéties et des fricassées d’aventures qu’elle partage avec des milliers d’enfants.

PRIX ET DISTINCTIONS

2017, Grands Prix culturels de la ville de Trois-Rivières catégorie Prix littéraire Gérald-Godin
2017, Une idée qui conte, Gagnante du concours
2017, Le jardinier qui cultivait des livres, Coup de cœur Renaud-Bray, Choix des libraires
2016, La peine de Sophie-Fourire, participation au concours international “A la orilla del viento” (Mexique), Choix des libraires
2013, Roman Adios, Prix AQPF-ANEL 2013, Palmarès de communication jeunesse 2012-2013, Sélection Communication jeunesse 2013
2007, Gros ogres et petits poux, Sélection Communication jeunesse
2010, Sur la pointe des pieds, Sélection Communication jeunesse

ENTREVUE

Vous dites dans votre biographie que vous n’étiez pas intéressée par la lecture lorsque vous étiez jeune. Qu’est-ce qui vous a donné le goût de lire et surtout de vous mettre à écrire ?

J’ai eu mes 4 garçons. De quoi plonger dans les livres jeunesse. Nous allions à la bibliothèque municipale et nous pouvions emprunter 90 livres chaque 3 semaines. À cette époque, je travaillais comme technicienne en loisir dans une école secondaire. À force de courir, j’ai eu envie d’explorer de nouveaux chemins professionnels. Après une évaluation en règle de ma personne par une firme de réorientation de carrière, j’ai appris avec surprise que j’avais les qualités requises pour réussir en écriture… Pouah! On ne se connait pas toujours à fond! J’ai donc fait confiance à ma destinée et mis plusieurs œufs dans ce panier. Petit à petit, les mots sont devenus essentiels à mon expression.

Vos récits semblent surtout axés sur les problèmes que rencontrent les enfants et les pré­adolescents lorsqu’ils grandissent : le déménagement, la peur du regard des autres, le décès d’un proche… En quoi votre métier et vos enfants influencent-ils vos écrits ?

Avoir des enfants, c’est une source intarissable d’idées. Ils me font grandir, évoluer, comprendre toute la richesse de la vie et ses tumultes. La famille, c’est un livre à tous les jours, mille aventures et mésaventures, un contact direct avec l’être humain. C’est une mer de sentiments à découvrir. C’est se sentir vivant chaque seconde.

Comment envisagez-­vous votre écriture ? Est-ce un moyen de vous exprimer, de transmettre, d’échanger ?

Tout cela en même temps! J’envisage mon écriture comme une expression de qui je suis, de mes valeurs, de partage, d’analyse et j’aime bien, sans être moralisatrice, qu’il y ait des pistes de solutions et d’espoir dans mes récits. J’aime aussi exploiter la naïveté des enfants avec humour et me fondre dans mes personnages.

Les trésors ne sont pas tous faits d’or et de diamants. Il y en a de plus précieux, qui restent bien cachés dans les têtes de leurs créateurs, parfois durant des années. Et puis un jour, ces créateurs décident de les offrir, de s’en départir afin que leurs trésors puissent vivre à travers d’autres yeux, faire vibrer d’autres cœurs, faire voyager, sourire, réfléchir, combler d’autres personnes. 

Vous travaillez régulièrement avec différents illustrateurs, comment décririez-­vous la relation auteur­-illustrateur ?

Nous travaillons chacun de notre côté, mais dans le même but. Donc, c’est un travail d’équipe à distance! L’illustrateur porte au bout de ses doigts une nouvelle dimension qui transporte le manuscrit encore plus loin. L’illustrateur travaille avec ses propres références, sa sensibilité. Il amène sa touche d’émotion et sa perception de l’histoire, ce qui enrichit le récit.

Quel est le livre jeunesse qui vous as le plus touché et en quoi a­-t-­il influencé votre écriture ?

Je change toutes les semaines! Aujourd’hui, c’est : La grande fabrique de mots, de Agnès de Lestrade et Valeria Docampo. Émouvant! Un pur chef-d’œuvre! Il prouve que les mots les plus ordinaires peuvent émouvoir et devenir poésie si on sait les utiliser dans différents contextes.

Vous êtes l’auteur du livre Le jardinier qui cultivait des livres. Pourquoi avez-vous eu l’envie d’aborder le sujet du livre et de la lecture ? 

J’avais installé mes publications dans une boite à fleurs, dans mon espace d’écriture. Au même moment, je plantais mon potager. J’ai alors pensé: « Ah! Si je pouvais faire pousser des livres! ». Devant cette impossibilité, j’ai eu envie de donner vie à ce rêve, juste pour le plaisir de créer un amour qui se développe entre deux êtres qui partagent la même passion. Le sujet s’est imposé à moi. Je n’ai pas eu envie de l’écrire. J’ai laissé vivre les personnages dans mon imaginaire et je me suis posé beaucoup de questions avant de coucher l’histoire sur papier.

De quel personnage de vos livres vous sentez­-vous le plus proche ?

De tous… Chacun de mes personnages est une partie de moi à un moment ou à un autre de la vie.  Et paradoxalement, ils sont aussi à l’opposé de qui je suis. J’aime bien les extrêmes! Mais j’avoue que j’aime bien jardiner des livres…

Quelle est la thématique que vous souhaitez aborder dans votre prochain livre ?

Je vais aborder l’intolérance face à l’itinérance.

Quel est le plus beau compliment que l’on vous ait adressé sur votre travail?

« À mettre entre toutes les mains, à lire haut et fort. Semez avec bonheur! »

Pour finir, avez-vous une anecdote sur votre métier ou sur un de vos livres à nous partager?

Dans une classe de l’école Bois-et-Marée à Tourelle, je demande aux élèves quels sentiments ils ont ressenti durant la lecture du titre: Un jardinier qui cultivait des livres. Parmi les 50 sentiments qui figurent sur mon drapé qui accompagne mon animation, un élève de 2e année choisis: Jaloux!

Moi: Ah oui? Dans quel passage de l’histoire as-tu été jaloux?

Lui: non, pas dans un passage, jaloux de toi parce que j’aurais aimé écrire cette histoire.

Moi: (mâchoire débarquée et petite goutte dans l’œil)

BIBLIOGRAPHIE

Mission pas possible no.4,  Dominique et Compagnie, 
Saint-Lambert (Québec), avril 2017
À la dérive. (coll. Tabou) Éditions de Mortagne, Boucherville, Québec, février 2017
La peine de Sophie-Fourire, Éditions Les 400 Coups, Montréal (Québec), octobre 2016
Le jardinier qui cultivait des livres, Éditions d’eux, Sherbrooke (Québec), octobre 2016.
Un lutin dans le pétrin,  Dominique et Compagnie, 
Saint-Lambert (Québec), Septembre 2016
Mission pas possible no.3,  Dominique et Compagnie, 
Saint-Lambert (Québec), août 2016
Mission pas possible no.2  Dominique et Compagnie, 
Saint-Lambert (Québec), janvier 2016
Mission pas possible no.1  Dominique et Compagnie, 
Saint-Lambert (Québec), mars 2015
Projet C, coll. Tabou. Éditions de Mortagne, Boucherville, Québec, février 2015
Un bisou pour Angélique, publié dans un album collectif intitulé : Mon livre de noël, éditions Andara, décembre 2013.
Mauvais Caractère,  Bayard Canada Livres, Montréal, Québec, septembre 2012.
Adios, coll. Tabou, Éditions de Mortagne, Boucherville, Québec, 2012
Un torticolis dans la langue, Éditions Midi-Trente, Québec, 2011
Sur la pointe des pieds, Éditions Imagine, Montréal, Québec, octobre 2010
Commando de la flaque d’eau : Boomerang éditeur jeunesse, Terrebonne, Québec, mai 2010.
Dis adieu! à tes soldats, Boomerang éditeur jeunesse, Terrebonne, février 2009
Olga : Superplateville? Jamais!, Impact! Éditions, Québec, avril 2008. Maintenant disponible aux Éditions de Mortagne, Boucherville, Québec.
Au voleur!,  Bayard Canada Livres, Montréal, Québec, septembre 2008.
Gros ogres et petits poux, Bayard Canada Livres, Montréal, Québec, septembre 2007
Mathis-Croque-Tout, Impact! Éditions, Québec, septembre 2007. Plus disponible.
Olga, la fille aux pelures d’oignon, Impact! Éditions, Québec, octobre 2006. Maintenant disponible aux Éditions de Mortagne, Boucherville, Québec, 2009

À PARAÎTRE

Mission pas possible no.5,  Dominique et Compagnie, 
Saint-Lambert (Québec), septembre 2017
Les histoires de la gardienne, no.1 Dominique et Compagnie, 
Saint-Lambert (Québec), septembre 2017
Les histoires de la gardienne, no.2 Dominique et Compagnie, 
Saint-Lambert (Québec), septembre 2017
La case 144, Éditions d’eux, Sherbrooke (Québec), 2018.p

Pour en savoir plus sur Nadine Poirier...

Page Facebook : Nadine Poirier Auteure

http://nadinepoirier.webs.com