Arts médiatiques
MEMBRE régulier
Richard Brouillette

Producteur, réalisateur


J’ai toujours considéré le cinéma comme un moyen d’expression politique et créatif.


Politique en ce qu’il permet de libérer les révoltes qui m’habitent, en ce qu’il est un formidable outil de prise de parole (d’abord celle de ceux que je filme, puis la mienne), en ce qu’il permet de dénoncer, informer, conscientiser les spectateurs et, parfois même, de les transformer – certes, c’est beaucoup demander au cinéma, mais je ne peux m’empêcher de croire en la puissance transformatrice de l’art. Créatif, car en cinéma, comme dans les autres arts, je suis avant tout intéressé par la prise de risques, l’audace formelle, la rupture des conventions, le geste novateur et franchement personnel. Je crois fermement qu’il faut oser sa propre voix, son propre regard. Je suis en cela toujours très inspiré par le grand Paul-Émile Borduas qui considérait qu’il faut obéir « aux nécessités profondes de son être » et « être un homme neuf dans un temps nouveau ». Mes mentors Gilles Groulx et René Bail m’ont profondément inculqué cet esprit de liberté individuelle, en cinéma comme dans la vie.

En ce sens, en tant que documentariste, il est important pour moi de donner à voir et à entendre aux spectateurs une pensée différente de celle qui, sclérosée, domine dans les médias de masse. J’ai, en outre, l’ambition de le faire d’une manière qui transgresse les formes convenues. Car, à mon sens, la forme est également révélatrice d’une pensée.

Aussi, je vise le plus possible à arrimer la forme et le contenu de mes films de telle sorte qu’ils soient en adéquation et en harmonie, ce qui augmente leur portée. Je fuis comme la peste la pratique postmoderne, qui n’est souvent que forme, tout autant que le reportage, qui n’est que contenu. Et j’aime prendre mon temps pour réaliser mes films afin d’être mieux à même de pénétrer la complexité des choses.

J’ai nommé ma compagnie de production « Les films du passeur », car j’aime à considérer mes films comme autant de ponts tendus entre, d’une part, les personnes que je filme, ainsi que les idées développées dans mes films et, d’autre part, la foule des spectateurs anonymes. J’aspire à remplir le rôle du navigateur de barque qui aide ses passagers à traverser d’une rive à l’autre, tout autant que celui du contrebandier qui fait passer les frontières aux migrants.




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